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Death Parade

Ecrit par Shuta
Fait le 17 août 2016
Synopsis

Vous ne le savez pas encore, mais vous êtes déjà mort…

Bienvenue au Quindecim, un bar un peu particulier puisque lorsque vous y entrez, c’est que vous venez de succomber (mais chuuut, pour le moment c’est un secret !). Cet établissement, tenu par un tenancier des plus étranges est en fait un point de transition : lorsque deux personnes viennent de mourir en même temps (et qu’elles ont plus ou moins une chose en commun), elle s’y trouvent transportées dans cet espace régi par des règles très précises :

– Vous ne pouvez pas savoir où vous vous situez.

– Vous devez participer à un jeu où votre vie est de mise.

– Vous ne pouvez pas sortir de l’établissement avant la fin du jeu.

Les arrivants sont la plupart du temps dans un état d’amnésie, et le jeu auquel ils vont prendre part va leur permettre de retrouver petit à petit leur mémoire perdue. Decim, le barman, sera non seulement un guide mais aura aussi un rôle de juge. (Mais hélas, un juge d’une froide impartialité ! Pour votre plus grand plaisir, n’est-ce pas ?)

Cela commence déjà à éveiller votre curiosité ? Parfait, continuons dans ce cas…

Nom complet :
Death Parade (デス・パレード, Desu Parēdo)
Genre :
Pays d'origine :
Japon
Année de production :
2015
Épisodes :
12
Réalisateur :
Yuzuru Tachikawa
Scénariste :
Yuzuru Tachikawa
Compositeur :
Yuuki Hayashi
Studio :
Madhouse
Classification :
10

Barman du Quindecim, il supervise et arbitre les jeux de mort. Il aime faire des mannequins qui ressemblent aux invités qu’il a jugé par le passé. Il semble au premier abord n’avoir aucune émotion humaine, respectant d’ailleurs strictement les règles ; dont l’une interdit de s’attacher à un quelconque être humain au risque qu’un tel acte le détruirait. Cependant, l’arrivée de Chiyuki va bouleverser la vision qu’il porte sur le jugement des défunts et surtout sur le prétendu caractère néfaste des sentiments. Relayé au rang de simple mannequin comme ses collègues, on prétend qu’ils ne peuvent ressentir les émotions proprement humaines… Pourtant, Decim au côté de son assistante, ne va pas hésiter à défendre et respecter les humains, surtout ceux ayant vécu leur vie pleinement.

Arrivé au Quidecim en se souvenant de sa mort, Nona a effacé sa mémoire et en a fait l’assistante de Decim après qu’il ait été incapable de la juger. Elle se révélera être celle qui changera considérablement Decim, en particulier sur sa manière de juger les gens qu’elle finira par trouver profondément injuste. Tout le long de l’animé, elle aura un véritable rôle de porte-parole pour la défense des comportements humains, tentant même de sauver certains candidats en essayant de les raisonner avant qu’ils ne commettent l’irréparable. Elle agit toujours avec discernement et fait preuve d’une grande humanité lorsqu’il s’agit de rendre un verdict sur les âmes des défunts.

Tout comme Decim, Nona est un véritable mystère. Sa petite taille et sa voix fluette pourront sans doute vous laisser penser qu’elle est une enfant frivole, voire immature, mais détrompez-vous ! Du haut de sa petite taille, Nona dirige l’ensemble du personnel du Quindecim. Elle est en outre la patronne de cet établissement et réside dans les plus hauts étages du Quindecim (au 90ième étage précisément). Cette jeune fille au caractère bien trempé et à la personnalité fascinante a pour habitude de ne jamais laisser transparaitre ses émotions. Son opinion sur les humains semble catégorique, en effet, Nona les méprise énormément pour leur nature qu’elle juge primitive.

Spoiler

 

 

Ce que l’on remarque de prime à bord chez Ginti, c’est sa couleur de cheveux rouge flamboyante ainsi que son tempérament de « bad guy » peu commode. Ce jeune homme au comportement rustre et à l’attitude austère n’aime guère plaisanter. En effet, Ginti se définit comme étant un homme relativement sérieux et assidu dans son travail. Il est également un garçon taciturne qui parfois, a tendance à se montrer un tantinet bagarreur avec les personnes qui lui tapent sur les nerfs (Decim étant en outre son souffre-douleur favoris).

Il ne mâche jamais ses mots et n’éprouve aucune compassion pour les âmes des défunts faisant escale au Quindecim. Qui plus est, lorsqu’il arbitre des parties de jeu de hasard, il a pour habitude de se montrer désagréable, médisant et particulièrement sadique avec ses hôtes.

À l’instar de son compagnon et rival Decim, il travaille au Viginti en tant qu’arbitre. Il est également barman mais à l’inverse de Decim qui tient un bar fortement moderne, Ginti est tenancier d’une petite taverne dont la décoration et l’ambiance sont clairement inspirées de la culture asiatique.

Avec sa mine toujours souriante, Clavis se définit comme étant le gardien des ascenseurs du Quindecim. Il est chargé de transporter les âmes des défunts jusqu’au bar de Decim. Son rôle est donc très mineur. Cependant, si le restant du personnel du Quindecim semble peu chaleureux, Clavis est bel et bien l’opposé de ses collègues, en effet, il est toujours de bonne humeur et est toujours prêt à rendre service.

Actuellement au bureau des informations, elle gère la mémoire des morts et se charge de restituer leur mémoire aux différents arbitre. Elle était barmaid au Quindecim avant que Decim ne la remplace.

En raison du travail considérable qu’elle doit accomplir (plus de 7000 morts par heure), elle regrette amèrement son ancien poste. En tant que bonne buveuse, Quin s’enthousiasme pour n’importe quel alcool, d’autant plus s’il provient du monde des vivants. Elle est de nature plutôt jovial même si elle affiche un certain pessimisme à l’égard des humains par moments.

Castra, à l’allure d’amazone attifée d’un crâne, travaille pour le Bureau d’Information. Elle est chargée de mesurer le nombre de morts ainsi que leur durée de vie. Elle possède donc un statut totalement à part par rapport aux arbitres.

Petite anecdote sympathique : Castra est en fait une représentation de Morta, l’une des trois Parques de la mythologie romaine, qui coupe le fil de la vie.

Oculus n’est autre que le fondateur du système d’arbitrage après la mort. Il est « l’homme le plus proche de Dieu » selon Nona.

Il passe la majeure partie de son temps à jouer au billard, notamment avec Nona, dont il apprécie la présence pour discuter. Bien qu’il semble être une personne joviale au premier abord, Oculus est strictement opposé à l’idée que les arbitres puissent avoir des sentiments humains, car selon lui : « les humains ne peuvent juger les humains », se révélant parfois froid dans ses paroles. La fleur de lotus présente sous son menton peut être agrandie, lui permettant ainsi d’entrer dans la mémoire des personnes qu’il touche avec.

Cet animé est inspiré d’un court métrage du nom de Death Billiards du même réalisateur. L’histoire nous emmène dans un univers décalé traitant pourtant d’éléments plus que sérieux. Si l’opening (« Flyers » par Bradio) paraît absurde et teinté d’un ton comique, il n’en est rien de l’ambiance qui se dégage de l’animé.

Première chose à noter ; le concept de l’animé est assez intéressant, du fait qu’il s’intéresse sur ce qu’il se passe après la mort avec la présence de ce ‘’tribunal des âmes’’. Les arbitres en tant que juges, estiment si l’âme est mauvaise au travers de divers jeux qui seront modifiés afin d’amener une certaine tension pour enfin faire ressortir ‘’la noirceur de l’âme’’ en quelque sorte. À première vue, cela a l’air assez compliqué mais pas de panique : l’anime consacre ses deux premiers épisodes à introduire et expliquer le concept, chose assez plaisante car on nous offre ici une vision de la même scène mais sous un angle différent. L’alternance du point de vue permettra ici au spectateur de saisir bon nombre de subtilités et d’éclairer les points confus suite au premier épisode. On notera également que d’autres informations seront délivrées au fil des épisodes, afin de compléter les cases vides. Il n’y a donc aucun risque de confusion, et c’est assez appréciable.

Sur le papier, le scénario de Death Parade bien qu’intéressant, n’a pas l’air d’avoir grand-chose à offrir d’original sur le long terme. Ainsi, une légère appréhension peut naître sur le fait que l’anime tombe finalement dans la répétition et la lassitude tout en ne sachant pas renouveler l’expérience qu’il propose. Mais pourtant, il n’en est rien et l’on regarde avec plaisir ces histoires toutes différentes se succéder dans des mini-arcs de 1 ou 2 épisodes. Dans chaque épisode, deux nouveaux personnages arrivent dans le bar tenu par Decim et sa nouvelle assistante. Ces deux personnages sont forcés de jouer à un jeu où leur vie sera la mise. Decim agira alors dans l’ombre pour faire de l’animé ce qu’il est réellement : une scène où la psychologie humaine est analysée point par point.

Car la grande force de Death Parade, c’est sa manière de parler de l’être humain. L’animé nous présente des personnages et des situations qui, effets paranormaux et malsains des jeux mis de côté, font vrais. Et qui font vrais au point que cela en est limite dérangeant, on ne se reconnaît pas toujours dans chaque personnage, mais comme nous sommes doués d’empathie à l’égard de nos semblables, eh bien on ne peut s’empêcher de s’identifier à eux, et l’animé fait très fort en jouant sans cesse sur cet aspect. Chacune des situations exposées est prétexte à analyser ces différents sentiments qui font de nous ce que nous sommes, déterminant ainsi nos actes. Jalousie, amour, vengeance, haine, colère, culpabilité, désir, regret, joie…

Mais ce qui nous touche le plus dans chaque épisode, ce n’est pas forcément le comportement des personnages (qu’il soit bon ou mauvais), mais bien le jugement de Decim, celui-ci n’hésitant pas à truquer le jeu pour pousser à bout les personnages et ainsi influencer leurs paroles et leurs actes au cours du jeu. Ce comportement révolte, car celui qui se permet de juger utilise des méthodes scandaleuses. Le pire dans l’animé, et qui est d’ailleurs cruellement efficace, c’est le rôle attribué au spectateur, nous. Nous ne sommes pas retranchés au rang de simple observateur, mais de témoin silencieux, incapable d’intervenir. Et l’animé frappe fort en nous mettant dans la peau du complice forcé d’assister aux actes de tricherie perverse du juge et à la détresse profonde des personnages poussés au paroxysme de leur plus sombre côté, on ne peut que vouloir arrêter le jeu. Mais heureusement qu’intervient Chiyuki, où pour la première fois dans un animé j’ai aimé suivre ce personnage qui reflète parfaitement ce que nous, nous pouvons ressentir tout au long des épisodes. Elle est notre porte-parole face aux pratiques parfois ignobles du jugement humain dont Decim est ses partenaires les revendiquent comme nécessaires.

La série adopte une narration semi-linéaire, car s’il y a des personnages récurrents et un semblant de chronologie, chaque épisode raconte une histoire différente qui se résout une fois le jeu terminé. Ce genre de construction n’a rien de nouveau, mais elle a tendance à être de moins en moins utilisée car elle oblige les scénaristes à écrire de bonnes histoires qui se tiennent pour chaque épisode ; de ce côté, Death Parade réussit plutôt bien son pari même si tout n’est pas concrétisé…

En effet, les épisodes consacrés aux différents jeux et aux jugements des candidats sont globalement plaisants, mais la série consacre la moitié de son temps à tenter d’installer une mythologie et une méta-intrigue autour du bar Quindecim et de ses résidents, sans pour autant nous apporter des éléments de réponse et nous laissant avec encore plus d’interrogations… On comprend alors très vite que cette mythologie autour du bar ne mène à rien, puisqu’elle n’influence aucunement le déroulement des jeux et encore moins des personnages. De plus, la série sort progressivement de son schéma classique pour tenter d’aller s’intéresser aux personnages secondaires récurrents et à leur monde, afin de créer une empathie qui s’étendrait au-delà de leur rôle de simples présentateurs. Malheureusement, cette ambition échoue pour une raison assez simple : ils ne sont pratiquement pas développés… Excepté Nona qui a droit à certains égards.

Cependant, Chiyuki et Decim sont certes très bien développés et forment un duo intéressant à suivre, mais ce qui donne sa force et son originalité à l’animé, ce ne sont pas uniquement le barman et son assistante, mais bel et bien la multitude de clients que l’on découvre dans chaque mini-arc. La sincérité dans leur comportement, le poids de leurs actions et leurs causes, leurs répercussions sur les deux maîtres du jeu et les réflexions psychologiques qui s’en dégagent font d’eux l’un des intérêts principaux de cet animé.

D’ailleurs, les personnages, parlons-en ! Les protagonistes sont donc Decim et son assistante, une humaine amnésique. Ce duo est attrayant, par le fait qu’on a ici un arbitre, qui pense de manière lucide et logique et qui ne ressent aucune émotion (à première vue), ainsi qu’une humaine qui est… Humaine. L’anime oppose le point de vue humain de la protagoniste et le point de vue, au contraire, rationnel de Decim, ce qui entraîne une portée assez psychologique dans les dialogues et débats. Tout au long de Death Parade, la présence humaine auprès de Decim va l’amener à se remettre en question, aussi bien sur lui que sur le système des arbitrages (qui était pourtant là bien avant qu’il ne commence son travail d’arbitre). Et c’est là que ça devient très intéressant : Plusieurs questions sont soulevées : « Comment juger les humains quand ils ont un passé et des comportements si complexes ? » / « Quel sens ont ces jeux truqués, qui créent la noirceur chez les personnages plus qu’ils ne la révèlent ? ». Car Chiyuki ne cessera de le démontrer : non, les humains ne sont pas toujours logiques ou rationnels, ils sont beaucoup plus complexes à comprendre, ce ne sont pas des robots ou des marionnettes, ils sont doués de sentiments, ce n’est donc pas chose aisée de les juger, et personne ne devrait pouvoir et avoir le droit de le faire sans prendre en considération tous ces critères.

Pour conclure, Death Parade n’est pas la meilleure œuvre de la décennie, elle ne marquera peut-être pas le monde de la japanimation, mais elle reste par contre une œuvre rafraîchissante, divertissante, psychologique et surtout très émouvante (avouez quand même que le dernier épisode déchire ! >.<).

15 / 20

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